LES CANNES À MOUCHE de DANIEL BRÉMOND

La genèse des cannes en bambou refendu alvéolaires depuis la première en 1972 et les autres étapes


Depuis le premier talon assemblé en 1973 avec une technique d’allègement originale que j’ai baptisée plus tard la « structure alvéolaire » (dans l’article « Pour quelques grammes de moins » publié dans la revue « Plaisirs de la Pêche » N° 159 janvier/février 1975) j’ai construit plus de 100 cannes à mouches. Elles ont évolué étape par étape, avec le même but, celui de diminuer l’énergie nécessaire pour les lancers et d’augmenter la distance de pêche. Il y a eu, dans l’ordre : ma méthode d’allègement, suivie de la mise au point de l’assemblage en épissure améliorant la jonction délicate entre le talon et le scion, et enfin celle des études de profils, (comment répartir des épaisseurs de bambou tout au long de la canne), une question à laquelle je m’intéresse toujours ( voir « Mise au point expérimentale d’un renfort du talon de la canne à partir de la poignée »).

Pour les premières, je dois mettre constructeur entre guillemets car j’étais tributaire de baguettes pré-taillées. Puis j’ai maitrisé la construction en partant de troncs bruts, un pas important qui a coïncidé avec la mise au point d'un programme de calcul des profils (ce qui a fait l’objet d’un nouvel article « de A à Z » publié dans le numéro 49 de juillet/août 1983 de la revue « Pêcheurs sportifs »).

J’ai baptisé « ISO 80 » la première canne construite selon ce programme. ISO se rapportant au principe d’égale contrainte sur lequel je reviendrai, 80 étant la masse de bambou du talon et du scion en grammes. Elle fut rebaptisée « Balerne » du nom d’un petit affluent de l’Ain. J’ai retrouvé sa trace dans une vente publique il y a pas mal d’années.

Je me souviens de ses essais en aval de Champagnole [1]. Une expérience émouvante que celle des premiers lancers avec une canne au profil calculé selon une méthode personnelle, avec une disposition des diamètres qui n’avait pas d’équivalent, à ma connaissance, dans aucune production antérieure, en particulier une très forte conicité en pointe imposée par les calculs.

J’ai eu la sensation d’un arc tendu, d’un grand bras de levier malgré une canne courte, d’une prise comme en direct de l’anneau de tête par la main : de sentir où l’on tire sur la soie, de la maîtrise de son mouvement permettant de changer instantanément la direction du lancer, sensations conservées dans les suivantes. Également du moindre effort nécessaire pour les lancers, ce qui est parfois mal compris. Certains sont trop habitués à « faire travailler » la canne !

Merci à Josselin de LESPINAY [2] d’avoir, dès nos premiers contacts, bien compris mes techniques et mes recherches, d’en avoir largement fait part. Grâce à lui, deux de mes meilleurs modèles de cannes sont dans le domaine public, reproduites et appréciées.
Le contact qu’il a repris avec moi après une coupure de plusieurs années, m’a incité à relater mes expériences et à expliquer mes méthodes.

Onyx

Canne « Onyx », 1974